09 février 2007
Les porteuses d'espoir
Lors du colloque parlementaire de bioéthique qui s'est tenu hier à Paris, nos députés ont débattu avec deux ans d'avance (la révision de la loi de bioéthique de 2004 étant prévue en 2009) sur le sujet des mères porteuses.
Actuellement la pratique de la Gestation Pour Autrui (GPA) est autorisée entre autres au Canada, aux Etats Unis, en Espagne, en Belgique, au Danemark, sous différentes conditions, mais en France, le recours à la maternité de substitution reste interdit.
Des études récentes montreraient que 53% des français considérent que les mères porteuses devraient être autorisées en France.
Moi, je ne sais pas quoi penser.
Et au fond, je ne suis même pas tout à fait sûre d'avoir le droit de donner mon avis. Quand on a la chance de pouvoir être mère sans recourir à la science, que peut-on comprendre vraiment de la douleur des femmes en mal d'enfant ?
Je ne vois que du bonheur à être mère. C'est pour cela que j'ai entamé jadis la démarche du don d'ovule. Malheureusement, bien que sa maladie n'aie aucun caractére génétique, les problèmes de santé de Léo m'ont recalée au premier entretien.
Je n'ai donc pas pu aller au bout de ma démarche, mais je n'avais aucun cas de conscience à faire don de mes ovules.
Je ne vois pas un enfant dans un ovule, tout au plus quelques données génétique, en tous cas une cellule qui n'a aucune valeur sans une autre à laquelle se coupler et sans en endroit où se nicher, alors en donnant mes ovules, je ne pensais pas me déposséder pas d'un hypothétique enfant, mais juste donner une petite chance à une autre femme de connaître un jour l'immense bonheur de porter la vie.
Et pourtant, mère porteuse, je ne saurais pas.
Je ne pourrais pas.
Dès la lecture du test de grossesse, je me sens mère. Que les gamètes soient miennes où pas n'y changerait rien, un enfant qui grandit dans mon ventre est MON enfant.
Je lui parle, je le caresse, je l'imagine.
Comment pourrait-on faire autrement ?
Comment une femme qui a porté un enfant pendant 40 semaines peut le poser dans les bras d'une autre femme et s'en aller, sans en être mortifiée à vie ?
Et si la mère porteuse changeait d'avis, à qui reviendrait l'enfant ? Ceux qui l'ont génétiquement concu et tant attendu, ou celle qui l'a porté pendant 9 mois ?
Je n'ai pas la réponse à ces questions.
En me promenant sur internet, je me suis aperçue que malgré la loi, des couples en France ont recours aux mères porteuses, avec l'aide de réseaux discrets. Je les comprends. Je suis heureuse pour eux de ce bonheur chèrement gagné.
Mais j'ai beau savoir qu'elles sont volontaires pour cette étrange aventure, je ne peux m'empêcher de penser à celles qui ressortent de la maternité les bras vides et le ventre meurtri...
15:15 Publié dans 7-L. ne plaisante plus... | Lien permanent | Commentaires (16) | Envoyer cette note
Commentaires
Mamour et moi avons aussi débattu du sujet avant hier soir!
Je trouve que ça revient a vendre son corps, alors si on autorise ça, on doit aussi autoriser la prostitution, la vente d'organes...
Ecrit par : watta | 09 février 2007
Sujet assez épineux. C'est clair que je ne pourrais pas donner l'enfant que j'ai porté pendant 9 mois. J'aurai l'impression de donner une partie de moi. Ce qui fait peur, c'est si ces femmes le font pour de l'argent. Aïe, vendre des être humains...
Ecrit par : Nath | 09 février 2007
Sujet de discussion ici aussi, avec les ados en plus !
Le côté mercantile de l'affaire me gêne infiniment plus que le côté pseudo moral....
Moi, je ne pourrais pas porter un enfant et le donner....
Mais je ne m'imagine pas non plus sans enfant... alors, qu'aurais-je été capable de faire ?
Faut-il légiférer ou juste donner un cadre légal ?
Autoriser sans garde-fou ?
Interdire ...mais au nom de quoi ??
Honnêtement je ne me sens pas le droit de juger ni décider !
Ecrit par : liaht | 09 février 2007
Je pense que je serais capable de le faire... mais pour une soeur par exemple, un peu comme certain(e)s offrent un rein à un de leur proche.
Bien-sûr un enfant ce n'est pas vital comme un organe, mais comme tu le dis, devant la douleur de ne pas parvenir à devenir mère...
je pense que si l'enfant restait proche physiquement ce serait de l'ordre du possible.
Mais bon, ça reste du domaine de la supposition, surtout que ma soeur pourrait bien être grand-mère prochainement.
Ecrit par : luna pat | 09 février 2007
@ Watta => la prostitution est légale en France, comme d'ailleurs dans pratiquement tous les pays occidentaux. :-P
Pour ce qui est de la GPA, je crois qu'il est important de légiférer de manière à encadrer la pratique surtout d'un point de vue éthique afin d'éviter au maximum les dérives mercantiles.
Quoiqu'il en soit il est indispensable de dissocier l'affect et la "morale" dans l'établissement d'une mesure de santé publique de ce type.
Ecrit par : Pem | 09 février 2007
Comme toutes ici, je ne me sentirai pas capable de porter un enfant puis de le donner, ce serait une vétitable souffrance.
Mais je comprend aussi la souffrance des couples stériles.
Difficile de donner un avis mêm si au prime abord je suis contre le recours de meres porteuses .
Ecrit par : la JD | 09 février 2007
et je pense aussi aux petits enfants qui attendent des parents dans les pouponnières
Ecrit par : Amandine | 09 février 2007
Je vais détonner un peu : je crois que je serai capable de porter un enfant, de le fabriquer, de le mettre au monde puis de le donner à ses parents... à condition que ce bébé ne porte aucun de mes gênes ! Mon ventre serait la fabrique mais l'enfant ne serait pas ma "descendance". Des liens évidement se seraient tissés entre ce bébé et moi, mais pas maternels... (et pourquoi pas garder un contact spécial, comme une sorte de parrainage). Certainement sans doute parce que cet enfant ne serait pas le résultat de l'amour entre mon chéri et moi...
Ecrit par : Ln la marmotte | 09 février 2007
Jusqu'où peut aller le désir d'enfant d'un couple qui ne peut en avoir, quand on voit les obstacles à l'adoption.
Quand je suis enceinte, je me sens mère jusqu'au plus profond de moi et je ne pourrais pas abandonner à une autre mère l'enfant que j'aurai porté et fait naître pour elle. Luna Pat ouvre une perspective que jepourrais cependant envisager, s'il s'agit de porter l'enfant de ma soeur. Mais c'est le côté mercantile qui me gêne le plus à cause de la difficulté à estimer l'équilibre entre le désespoir de parents stériles et le service apporté par la mère porteuse.
Ecrit par : chris de paris | 09 février 2007
j'avoue que je ne pourrais pas non plus, je me sentirais mere de cet enfant , puis apres l'accouchement c'est pas comme si on oubliais tout , il y a le ventre qui reste, les suitesd e couches, le retour de couches, montee de lait etc...
l'intimite a retrouve etc...
non trop de choses pour moi
et puis comme Amandine , ca me choque aussi de faire ca alors qu'il y a tant d'enfants quiattendent d'etre adoptes et qui finiront de foyers de la dass en foyers de la dass parce que personne n'est venu les chercher....
Ecrit par : cahuette | 09 février 2007
Je m'inquiète encore davantage pour l'enfant porté, et des éventuels dégats sur un plan psychique... Que ressent-il de l'investissement (ou de son absence !) de la femme qui doit le confier dès sa naissance ? Ne ressent-il pas cela comme un abandon, même si beaucoup d'amour l'attend ailleurs ? On sait à présent que l'enfant ressent des choses in utero; s'il est désinvesti par la femme qui le porte et qui est "forcée" de prendre de la distance, que lui en restera-t-il ? Ces enfants confiés, dans certaines cultures, à une soeur infertile, me questionnent infiniment moins... Ce que je sais pour avoir eu la chance de concevoir et porter des enfants, c'est que comme toi, je ne pourrais pas.
Ecrit par : myriam | 09 février 2007
Cette pratique me choque quand même pas mal et toutes les dérives (notamment financières) sont possibles. Même si la douleur de ne pas pouvoir avoir d'enfant est certainement immense, ce recours ne me semble pas la voie la plus "belle"... notamment pour la mère porteuse. La maternité est un véritable chemin "de A à Z", comment vivre si l'on enlève le Z à cette belle aventure ?
Vendre son corps est au fond une douleur... mais vendre le fruit de son corps et ainsi vendre LA VIE : je ne peux me résoudre à trouver cela admirable...
Ecrit par : Nath46 | 10 février 2007
et bien moi, si je gagnais au Loto, je partirai direct aux USA, dans le Maine par exemple, pour louer le ventre d'une femme, qui porterai l'enfant qui ne peut pas vivre en moi, et donner un enfant à mon Homme .
C'est trop facile de juger quand ces ovaires fonctionnent bien .
même le don d'ovocytes est difficile dans ce pays .
Tiens, allez voir mme Opio, elle, elle l'a fait . Bien sur pas en France . Ici, il y a une liste d'attente, et même si vous amenez une femme à donner des cellules - parce que ce ne sont que des cellules - elles ne seront pas pour vous .
Et l'argent sert à payer les frais medicaux, le temps passé .
Ou autre chose .
Après tout, vous donneriez quoi si on vous enlevait vos enfants et vos ovaires ; Vous seriez prête à quoi ?, pour avoir une famille ?
Moi, si ma soeur n'avait pas pu avoir d'enfants, je lui aurai proposé le don d'ovules bien sur, ou même de le porter .
Elle, elle ne me l'a jamais proposé et, au fond de moi, jamais, jamais je ne lui pardonnerai son égoïsme .
Pendant mes 4 FIV, elle, elle faisait 2 bébés .
Ecrit par : anis* | 11 février 2007
Anis*> je comprends ta colère anis, mais je ne juge pas la GPA, c'est juste que je suis terrorisée à l'idée de pouvoir porter un enfant et le donner ensuite. En fait, n'ayant pas de difficultés à procréer, je ne peux me placer que du côté de la porteuse, le seul rôle que je connaisse sur les deux.
D'ailleurs, c'est pour cela que j'écris dans ma note "Et au fond, je ne suis même pas tout à fait sûre d'avoir le droit de donner mon avis. Quand on a la chance de pouvoir être mère sans recourir à la science, que peut-on comprendre vraiment de la douleur des femmes en mal d'enfant ?".
Personnellement, si je n'avais pas pu faire d'enfant, j'aurais été capable de tout pour y arriver. Même probablement de faire des choses illégales.
J'aurais pu dire aussi que la seule exception envisageable, c'est justement de porter l'enfant de ma soeur, mais comme je n'ai qu'un frère, cela n'aurait pas été m'engager à grand chose...
La seule chose que je peux dire, c'est que même 10 ans après, j'ai encore en moi le regret de n'avoir pas eu le droit de donner mes ovules, même si ce n'était pas grand chose comparé à prêter son ventre tout entier...
Ecrit par : Loreal | 11 février 2007
Je te comprends parfaitement (et pourtant je ne suis qu'homme) dans ce lien que tu décris entre l'enfant que tu portes et toi. C'est vrai que ça doit être terrible de devoir laisser l'enfant qu'on a porté ... et aimé malgré soi ... durant ces quelques mois.
L'Oursin Vert
Ecrit par : Oursin Vert | 12 février 2007
ce midi, j'ai vu cette femme à la télé qui a tué 3 de ses enfants (2 en corée et 1 en france...)comment peut-on faire ça? -rien à voir avec le sujet!!!
Ecrit par : flow | 13 février 2007
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