14 octobre 2010

Les lycéens dans la rue (poil au c-l)

Contrairement aux apparences cet article n'a aucun rapport avec le précédent, vu que hormis Ségolène qui ferait mieux de tourner sa langue 7 fois dans sa bouche avant de l'ouvrir (voire, de la fermer carrément), j'espère bien que personne même parmi les militants "anti-réforme" n'a envie d'assister au lâcher de fauves.

A ce sujet j'aime beaucoup la petite phrase de Luc Ferry : "Les jeunes c'est comme le dentifrice, une fois sorti du tube, on arrive pas à le faire rentrer dedans" :D

Non rassure-toi, je n'ai pas prévu de m'étendre à nouveau sur le sujet, je voulais juste partager avec toi le petit mot du proviseur du lycée de ma belette, que je trouve ma foi fort bien écrit :

 

"Comme vous le savez sans doute des troubles agitent les établissements, dont le nôtre. Ceci s’est traduit par un premier blocage de l’établissement ce mardi 12 octobre.
De nouveau, ce matin mercredi, une AG spontanée a eu lieu à l’interclasse de 10h00 devant le lycée sur le parvis. Elle appelle à de nouveaux mouvements dont, fort probablement, un blocage pour demain jeudi 14 octobre.
Il apparaît que des désaccords sur ces modalités  se fassent jour entre élèves, les uns souhaitant accéder librement à l’établissement tout en manifestant leur position dans le cadre du mouvement actuel. Les autres sont, semble-t-il, partisans d’une position ferme et sans nuance.
 
Le blocage destiné à interdire l’accès, donc la « libre circulation » est un délit.
Nous ferons bien entendu ce qui est en notre pouvoir pour assurer la liberté de travailler et d’enseigner  ainsi que la sécurité des personnes et des biens, mais nous nous devons, dans de telles circonstances, de vous rappeler quelques principes intangibles.
 
L’apprentissage de la liberté, de la démocratie, des principes républicains de laïcité, c'est-à-dire de respect des consciences, sont au coeur de l’éducation que dispensent nos établissements publics. Ainsi nous ne pouvons que condamner fermement des pratiques non démocratiques et illégales de groupes qui tentent, parfois par la force, d’empêcher les élèves et les professeurs qui souhaitent le faire d’étudier et de travailler. Si le droit d’expression et de réunion est reconnu aux lycéens, il doit s’exercer dans le respect des consciences et de la liberté de tous.
 
Nous osons espérer votre soutien en expliquant tout cela à vos enfants et en leur
expliquant que chaque fois qu’ils sont hors de l’établissement, ils peuvent être confrontés à différentes formes de violence comme victime ou auteur. Dans ce cas, seule leur responsabilité ou la vôtre serait engagée.
 
Bien sûr, à l’intérieur de l’établissement, le contrôle des absences sera assuré et vous serez informés comme le veut la réglementation. Vous devez également savoir que des violences ou des dégradations entraîneraient de légitimes poursuites.
 
Dans le vif espoir de votre soutien dans cette période difficile, recevez, Madame,
Monsieur, l’assurance de notre attachement indéfectible aux principes républicains de liberté, de démocratie et de laïcité.
 
Le Proviseur."

 

Et là tu vois au moment où j'allais conclure sur une pirouette, il est 9h30 et la belette en question vient de m'appeler pour me dire qu'elle est sur le chemin du Nid, ses cours du matin ayant été annulés faute de combattants (4 élèves en classe -dont la mienne-), et ses cours de l'après-midi annulés eux aussi par les professeurs en grève. Ce qui était déjà le cas mardi. Et mercredi. Et sans doute sera le cas demain. Ce qui me réjouit tu penses, ma fille étant redoublante et devant absolument réussir son année si elle veut pouvoir choisir son avenir. Parce qu'avant la retraite, la plupart des jeunes (oui oui la plupart, mais ceux-là n'intéressent pas les journalistes), c'est au boulot qu'ils pensent.

13 octobre 2010

L. met les pieds dans le plat.

Bon, tu le sais déjà, la politique et moi ça fait douze. C'est pas que je m'en fiche, faut pas croire, c'est juste que je suis d'un naturel modéré assez incompatible avec l'exercice.

Ce qui ne m'empêche pas d'avoir une opinion, généralement modérée également, CQFD.

Sur ce coup-là je ne vais pas me faire que des copines, mais après tout ce n'est pas la première fois que je suis à contre-courant de la majorité blogosphérique sur un sujet de société, cela ne me dérange pas. Modérée certes, mouton, non.

Là tu t'en doutes, c'est de la réforme des retraites qu'il s'agit, et de son cortège de grèves, manifs et tutti quanti.

Tu l'auras compris après cette longue introduction : je suis contre. Pas contre la réforme, contre les grèves, et contre le ramdam.

Ne va pas croire que ça m'amuse follement de devoir bosser 3 années de plus avant d'avoir droit au répit, mais quand la caisse est vide, la caisse est vide, c'est comme ça. Je ne vois pas très bien ce qu'il y a de si difficile à comprendre.

Plus les années passent, plus j'ai la sensation de vivre dans un pays très prévilégié où chacun brandit ses droits en oubliant bien souvent ses devoirs, sans prendre la peine de regarder autour et de mesurer la chance que nous avons.

Sécurité sociale, gratuité des soins, indemnisation des congés maladie, école publique gratuite dès l'âge de 3 ans, allocations familiales, allocations logement, indemnités de chômage, congé de maternité, congé parental, 35 heures de travail par semaine, 5 semaines de congé payé... j'en passe, j'en oublie...

"Haro sur le gouvernement, haro sur le président", comme si la mise en place d'une réforme si peu populaire à moins de deux ans des prochaines élections présidentielles n'était pas l'évidence même de sa nécessité.

"Les lycéens dans la rue !" en voilà une suggestion raisonnée, déjà qu'il ne faut pas les pousser bien fort pour les éloigner de leurs bouquins ! 95% des lycéens qui font blocus le font uniquement pour sécher les cours ou pour se rendre intéressants. Ma fille aura 16 ans à la fin du mois et comme elle le dit elle-même elle a 50 ans devant elle avant d'arriver à la retraite, et il y aura bien d'autres réformes avant que son tour arrive !

 

Voilà j'ai fait le tour, jette moi des pierres si tu veux, mais j'avais ça sur les nerfs depuis un petit moment, c'est fou comme ça soulage de vider son sac.

 

Bref, c'est pas encore aujourd'hui que je vais obtenir la blogo-golden card, le carré V.I.B. n'est décidément pas pour moi :)

06 mai 2010

"Sois sage, ô ma douleur..."

"Tu portes dans la lumière,

Tu portes dans les buissons

Sur une aile ma prière

Et sur l'autre mes chansons..."

 

Pour Nathan, pour Camille.

02 février 2010

L'étoile jaune

Edit en bas de note !

Cet après-midi alors que nous profitions d'un rayon de soleil pour aller défouler au parc voisin les zoziaux frétillants, j'ai remarqué qu'une fillette d'environ 8 ans portait une petite pancarte autour du cou.

J'ai d'abord pensé qu'il s'agissait d'un vestige de jeu car mon Anatole est capable de sortir jouer déguisé en Mary Poppins alors tout est possible :-).

Sauf qu'en fait, lorsque la fillette est passée près de moi j'ai lu ce qui était imprimé sur sa petite pancarte... il y était inscrit :

"Je suis autiste"

Je ne comprends pas. Ce n'est pas la maman que je juge, je me doute que pour finir par sortir avec sa petite fille affublée d'un tel accessoire il lui a fallu affronter des dizaines de regards noirs, de questions blessantes, de remarques désobligeantes... je le suppose en tout cas, car je ne peux imaginer d'autre raison. Bien sûr pour autant je ne comprends pas, mais je ne juge pas, comment le pourrais-je, qui suis-je pour juger une réaction face à une situation que je ne connais pas, que je ne vis pas ?

Néanmoins je suis en colère, choquée, et triste aussi que le regard des autres ait pu être difficile à affronter au point d'en arriver à cette extrémité.

 

Dans un registre différent, quoi que les deux histoires se rejoignent d'une certaine façon, hier je faisais des courses et derrière moi se trouvait une petite famille ordinaire, deux parents et deux jeunes enfants, le plus jeune un petit bonhomme aux (faux) airs d'ange d'environ 18 mois se met à faire un caprice puissance 7 sur l'échelle de Rosalie Richter et commence à hurler dans le magasin.

La maman laisse le papa et la fillette finir les courses, prend son petit garçon hurlant et se débattant dans ses bras pour l'emmener se calmer à l'extérieur, sur le parking. Je croise le regard désaprobateur de la cliente devant moi à la caisse, un regard genre "encore un gamin mal élevé" accompagné du petit soupir de circonstance, je me mors la langue pour ne pas m'en mêler.

Une fois passée en caisse je sors et je croise le petit garçon toujours hurlant par principe sans qu'il ne sache même plus pourquoi et sa maman assise à ses côtés, mi-fataliste mi-désespérée. Je lui souris en passant et lui dis "si cela peut vous rassurer, j'ai le même en version fille à la maison !"

Et la maman penaude me répond, non mais vous vous rendez-compte,

"la honte vis à vis des gens ?"

Alors je lui ai dit "NON, il n'y a pas à avoir honte. J'ai 4 enfants et pas deux qui se ressemblent, et dans le lot, il y a une hurleuse. Qu'est ce que j'y peux ? RIEN. Il faut attendre que ça passe, ils ne vont tout de même pas crier jusqu'à leur 18 ans !"

Visiblement soulagée d'avoir rencontré une alliée elle a trouvé que mon point de vue était plutôt rassurant, après tout c'est vrai ça finira bien par s'arrêter... enfin j'espère :-)

 

Du coup avec ces "rencontres" du week-end j'en profite pour faire mon coming out : OUI, ma fille est une braillarde.

Je l'élève comme les 3 qui lui ont précédé, je lui pose des limites, je ne cède pas à ses caprices, je la caline, je la rassure, je lui explique, je la punis, je suis douce et ferme à la fois, et pourtant quand ça lui prend (et croyez-moi ça lui prend souvent), en privé ou en public elle crie, hurle, gueule, braille et qu'est ce que j'y peux ? RIEN !

Je n'en suis pas fière, mais je REFUSE d'en avoir honte. C'est dit.

 

Edit du 2 février : je fais remonter cette note qui vous a interpellées car après quelques recherches j'ai trouvé deux témoignages sur des forums, l'un corrobore la thèse de la fugue, l'autre celui du regard des autres :

"Pour mon fils ainé qui est autiste et fugueur, j'avais acheté un petit appareil exprès où j'avais enregistré un message disant "je suis autiste, je ne sais pas parler, si vous me trouvez, téléphonez à mes parents" et j'ai dit 3 ou 4 numéros de téléphone (Maison, portable papa, mamie etc...). "

et

"J'ai fait faire un tshirt à Mika pour cet été. Dessus il y a un gros coeur et c'est écrit : "Je suis autiste, et vous qu'elle est votre excuse ?"
Au départ, c'était un peu une blague avec mon mari on se disait qu'on allait mettre une pancarte autour du cou de Mika pour éviter d'avoir des refléxions et des regards mauvais lorsque l'on va à l'extérieur et que Mika "s'exprime". "

Je trouve extra l'idée du tee-shirt ! Il existe une version anglophone dont la traduction signifie "je ne suis pas un porveux gâté, je suis autiste". Je pense qu'il faut un certain recul pour parvenir à cette capacité de dérision mais ce doit être redoutablement efficace pour clouer le bec des imbéciles !

04 janvier 2010

Llorando

Montréal, Québec, Canada le dimanche 3 janvier 2010

La chanteuse Lhasa De Sela est décédée à son domicile de Montréal pendant la soirée du 1er janvier 2010, un peu avant minuit.

Un cancer du sein qu’elle a combattu avec courage et détermination pendant plus de 21 mois l’aura finalement emportée.

Durant cette période difficile elle a continué à toucher la vie des gens qui l’entouraient avec la grâce, la beauté, et l’humour qui la caractérisaient....

 

 

Elle avait 37 ans, et sa voix a accompagné les plus douloureuses années de ma vie.

Elle avait 37 ans. Comme moi.

17 décembre 2009

Les assassins aux mains pleines

Ce soir alors que j'étais arrêtée au passage piéton pour laisser traverser deux vieilles dames, la voiture arrivant en face a failli les renverser parce que la grognasse (et je pèse mes mots) qui conduisait téléphonait au volant.

Elle n'a pas pris la peine de s'arrêter, encore moins de s'excuser auprès des deux dames affolées et a répondu à mon coup de klaxon désapprobateur d'un poing rageur.

Roulant au pas au milieu d'un rond point, grillant un stop ou une priorité, risquant ma vie ou celle de mes enfants pour un coup de fil à ne pas rater... chaque jour dans mes petits trajets du quotidien je me trouve confrontée à ces chauffards aux mains pleines, et chaque jour en les croisant je me trouve prise de pulsion délatrice.

Chauffards, je vous hais.

08 mars 2008

Une journée, ça risque fort de ne pas suffire, mais bon.

15 janvier 2008

Travailler moins pour faire chier plus

C'est tout nouveau ça vient de sortir :

 

La Poste facteurs nouveaux équipements 3715/01/08 : Facteur : : tenue rapide exigée !
Epiloque dans l'affaire des facteurs du Tarn. Douze postiers, 11 femmes et un homme, attaquaient leur employeur : La Poste. Objet du litige : le temps qu'ils passent chaque jour à enfiler et retirer leurs habits de postiers. Dix minutes selon eux. Des minutes qui, comme le prévoit le code du travail depuis la loi Aubry de 2000, devraient être payées, et qui aujourd'hui ne le sont pas.
Selon la défense, La Poste laisse ses agents libres de choisir leur tenue dans le catalogue et de ne porter qu'un simple signe distinctif.
Résultat : le tribunal des prud'hommes d'Albi a suivi à 60% les revendications des facteurs. Ils auront désormais six minutes par jour pour mettre et pour retirer leur uniforme.
La Poste a annoncé son intention de faire appel de cette décision. L'entreprise risque gros : 100.000 facteurs seraient en droit de demander la même chose

(source M6 info)

 

Au risque de m'attirer les foudres des syndicalistes de France et de Navarre, je le dis haut et fort : ça me gonfle !

Infirmière (oui, je ne suis pas née FAF, faut pas croire), "être du matin" signifiait pour moi être à 6h15 tapantes dans le service, en tenue, stylo à la main prête à noter les transmissions.

"Commencer à 8 heures" pour mes collégiens, c'est être à 8 heures assis en classe, le cahier sur la table, prêts à travailler.

 

Ras le bol de cette mentalité où le droit efface le devoir !

27 août 2007

Militante

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Je sais déjà qu'il y a de l'alcool dans le cidre (même si je connais des enfants qui en boivent :-O), dans la bière "sans alcool" (là c'est déjà plus vicieux), dans le tiramisu (hélas, trois fois hélas), mais là, vraiment, je ne m'attendais pas à en trouver :

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Oui oui je dénonce, j'accuse, je me révolte : il y a de l'alcool dans les profiteroles au chocolat de la marque Champ*ion, vendues au rayon frais dans un emballage tout ce qu'il y a de plus innocent !

Lorsque Chéri dès la première bouchée s'est exclamé "il y a de l'alcool dedans !", j'ai cru à une feinte de groumand visant à garder toute la camelote pour lui, mais je suis tout de même allée décortiquer l'emballage, et là, caché entre le dextrose et le beurre de cacao : ALCOOL ETHYLIQUE !!!

Je me suis consolée en constatant que les dites profiteroles n'avaient pas grand chose à voir avec celles de la photo ci-dessus, mais une question demeure... pourquoi ?!!!

Hormis le fait que j'ai vérifié sur plusieurs recettes, y compris sur le site des Chocoholic's, et qu'il n'y a PAS d'alcool dans la recettes des profiteroles au chocolat, je milite pour une réelle information du consommateur, ne serait-ce que sous la forme d'une petite phrase du genre : "Attention, ce produit contient une petite quantité d'alcool" sur les produits qui ne sont pas censés contenir de l'alcool de manière évidente.

En vous remerciant.

03 juin 2007

Fête des mamans

Quand Léo est né gravement malade, pétrie de la culpabilité d'avoir failli à mon rôle de mère en offrant à mon fils une vie d'emblée si fragile et si douloureuse, j'ai refusé pendant des années que l'on me souhaite la fête des mères.

Puis petit à petit, années après années, la maladie s'est estompée, je me suis réconciliée avec moi-même, et plutôt que de m'autoflageller j'ai décidé de savourer ma chance de l'avoir toujours à mes côtés.

Alors aujourd'hui plus encore que les autres jours, je pense à mes proches, mes amies qui n'ont pas eu ma chance, et pour qui ce jour sera à jamais teinté de la douleur de l'absence... je pense à ma belle-mère Brigitte, à Marie-Hélène, à Stéphanie, à Nathalie...

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Bonne fête à toutes les mamans (et surtout à la mienne ;-)